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ArteHistoire

Plutarque, Oeuvres morales, Isis et Osiris,Tome V, traité 23

21 Juin 2013 , Rédigé par Célimène Bonjour Publié dans #Egyptologie

Plutarque, Oeuvres morales, Isis et Osiris,Tome V, traité 23

Autour du mythe d’Isis et Osiris

Isis et Osiris est un traité de Plutarque qui rassemble divers documents et sources datant d’époques et de lieux différents, permettant de reconstituer le mythe d’Isis et Osiris. Il les analyse, les compare et observe leur structure. La version qu’il raconte est la plus accomplie que nous connaissons à ce jour et certains des épisodes qu’il relate ne sont d’ailleurs mentionnés nul par ailleurs. Comment Plutarque explique-t-il la légende d’Osiris ? Quelles sources utilise-t-il ?

Plutarque

Plutarque naît aux environs de 46 après J.-C. à Chéronée, une ville grecque de Béotie, proche de Delphes. Même si nous avons peu de renseignements au sujet de sa vie nous savons qu’il est mentionné dans l’encyclopédie historique grecque datant du IXème siècle plus communément nommée « Souda » et dans une annotation d’Eusèbe de Césarée, un écrivain et théologien grec.

L’auteur lui-même a également laissé des informations dans ses propres œuvres. Provenant d’une famille assez aisée, Plutarque est envoyé à Athènes afin de suivre une scolarité dans une école platonicienne, vers 65 ap. J.-C. C’est là que son maître, Ammonios lui apprendra les mathématiques, les sciences et la philosophie (notamment la philosophie platonicienne), jusque vers 67. Cette même année, il reçoit la nationalité athénienne. Après ses études, Plutarque voyage beaucoup en Grèce, à Rome et peut-être même en Egypte, à Alexandrie, dans le Delta. Il en parle lui-même dans Propos de table :

“L'abus évident des invitations devint le texte de plus d'un entretien, à propos des repas donnés par chacun de ceux qui m'aimaient quand ils me firent fête à mon retour d'Alexandrie.“2

Cela pourrait expliquer l’apport de sources de l’Egypte de la Basse Epoque, mais nous n’avons pas d’attestations concrètes d’un éventuel voyage. Après avoir vécut à Rome où il enseigne la Philosophie et le Grec, il rentre dans sa ville natale de Chéronée avec sa femme et ses enfants et crée une école. Il s’absente par la suite, quelques fois, comme par exemple en 88 où il retourne quatre ans à Rome et reçoit la citoyenneté romaine. De retour en Grèce, il est nommé prêtre d’Apollon à Delphes, et se charge des augures de la Pythie. Vers l’an 100, il retourne une seconde fois à Chéronée et débute la rédaction de son œuvre gigantesque Vies parallèles. Tout en écrivant cet ouvrage, il conserve une vie en société assez active.

Nous ne connaissons pas exactement la date du décès de Plutarque, mais les historiens la situent entre 119 et 127 ap. J.-C. Plutarque aura été un grand philosophe platonicien, écrivain et moraliste grec. Il est notamment reconnu comme un grand auteur qui écrira plusieurs traités de morale, de politique, de philosophie, théologie et biographie. En effet, ses œuvres (Oeuvres morales, Vie des empereurs romains, Vie parallèle des hommes illustres, Propos de tables et Dialogues pythiques) sont connues et appréciées encore aujourd’hui et influencent toujours la littérature européenne.

Plutarque, Oeuvres morales, Isis et Osiris,Tome V, traité 23

Le mythe d’Isis et Osiris

Au début du récit, Plutarque s’adresse à Cléa, prêtresse d’Isis de Delphes à qui il dédie ce traité. Il discute avec elle de la relation entre l’homme et les dieux. Par la suite, il aborde le début de son mythe en mentionnant qu’il a omis de présenter certains épisodes de peu d’importances ainsi que « [les] épisodes les plus choquants comme le démembrement d’Horus et la décollation d’Isis »3.

Analyse du mythe

Plutarque est l’un des auteurs de l’antiquité gréco-romaine qui nous a donné le plus d’informations au sujet de l’Egypte antique. Sa méthode consiste à regrouper diverses interprétations du mythe ainsi que des opinions sur le monde égyptien pour en faire une seule version.

Cependant, on observe dans son œuvre une grande influence du monde grec et romain. En ce qui concerne le traité d’Isis et Osiris, il a essayé d’exploiter des sources majoritairement égyptiennes et a apporté aux égyptologues beaucoup de renseignements importants. Toutefois, les documents sont parfois contestés et restent fragiles dans leur véracité. Mis à part Manéthon de Sebennytos, qu’il cite, les auteurs égyptiens sont peu nombreux, tandis que les auteurs gréco-romains émettent des idées sur les croyances égyptiennes plus ou moins contestables. On peut également se questionner sur les compétences et l’approfondissement de Plutarque. Il semblerait, selon sa biographie, qu’il se soit certainement rendu en Egypte, ce qui expliquerait ses connaissances, mais ce ne sont là que des hypothèses.

Tout au long de son traité, Plutarque cite plusieurs auteurs dont il s’est inspiré notamment Eudoxe, Pythagore, Platon, Thalès ou Hécatée d’Abdère. Les quatre premiers semblent être allés en Egypt. Cependant, à l’exception d’Eudoxe, Plutarque n’utilise pas leurs sources sur l’Egypte dans son traité, mais plutôt dans des critiques philosophiques.

Même si Plutarque ne mentionne pas Hérodote explicitement, certains passages du traité démontrent une influence de ce dernier. Plutarque n’aimait pas du tout Hérodote. En effet, il l’accusait de favoriser les riches au profit des pauvres, mais ceci est une autre histoire. Ainsi, certaines affirmations d’Hérodote (ou même de Pythagore) induisent l’auteur en erreur. Effectivement, certains passages du mythe ne sont que des ajouts de croyances grecques, qui n’ont pas de rapport avec le mythe égyptien originel.

Pour ne citer qu’un exemple, le récit de la tête des taureaux sacrifiés est une invention d’Hérodote. Un autre auteur qui cette fois a dû lui être utile est Manéthon de Sebennytos et son ouvrage, Aegyptiaca. Or, le fait qu’il ait rédigé son œuvre à la Basse Epoque pourrait faire penser que les idées grecques sur la religion étaient déjà présentes à Alexandrie.

On remarque donc que Plutarque utilise non seulement des auteurs grecs à propos des croyances égyptiennes, mais également à propos de pensées philosophiques et de questions d’ordre général sur la conception des divinités et des esprits. En ce qui concerne le mythe osirien en lui-même, Plutarque ne cite pas les sources dont il s’est inspiré. Or, le mythe osirien de Plutarque semble plutôt tenir de sources égyptiennes directes et indirectes, même s’il avait connaissance de cultes isiaques en dehors de l’Egypte. Le mythe est donc basé sur une interpretatio graeca et un choix personnel et ne correspond en aucun cas à une version véridique et unique du mythe égyptien. Mais quelles sources a-t-il utilisées? Plusieurs auteurs contemporains ont travaillé sur ces différentes sources, notamment J. G. Griffiths, M. Wellmann ou Frish. Dans tous les cas, il semblerait que l’on se mette d’accord pour penser que Plutarque ne s’est pas inspiré que d’une seule source. Dès le début du mythe osirien et dans tout le traité, la pensée grecque se fait ressentir. En effet, les noms donnés aux divinités égyptiennes sont accompagnés de noms grecs. De plus, l’idée qu’Osiris apporte la civilisation au peuple égyptien puis à d’autres peuples, est une idée grecque.

« Pendant son règne, Osiris commença par délivrer les Egyptiens du dénuement et de la sauvagerie, leur fit connaître l’agriculture, leur donna les lois et leur apprit à honorer les dieux, puis il s’en alla par toute la terre apporter la civilisation, sans avoir, sinon rarement, à recourir aux armes [...] »4

Cette idée ne figure pas dans le texte égyptien, car il n’existe pas d’avant et d’après civilisation. Lorsque Plutarque relate l’épisode dans lequel Isis met le fils de la reine au-dessus du feu, celui-ci rappelle incontestablement l’Hymne homérique à Déméter où la déesse accomplit le même procédé sur le fils de la reine pour le rendre immortel. Certains de ces passages semblent provenir d’auteurs grecs tels qu’Eudoxe ou Hécatée d’Abdère.

Selon Frish, il se pourrait même que Plutarque ait construit le mythe sur des versions contradictoires, car on retrouve un peu partout dans son traité des informations en oppositions ou des idées plus ou moins emmêlées. Soit Plutarque voulait insérer dans son travail toutes les connaissances qu’il avait amassées, sans vraiment donner de l’importance à une éventuelle incohérence, soit des idées ont été ajoutées par la suite à son travail par d’autres auteurs ou Plutarque lui-même.

D’un autre côté, certaines parties du mythe et la manière dont elles sont racontées ressemblent à des contes que l’on retrouve dans des papyrus égyptiens et qui sont certifiées sur des papyrus liturgiques, funéraires ou des hymnes. On retrouve également chez Manéthon ainsi que dans les Textes des Pyramides des informations similaires. Elles possèdent la même structure donnant l’impression qu’on lit une histoire réelle avec un fond religieux. C’est dans cette partie du traité que les égyptologues pourront puiser des informations importantes et en faire le tri. Une autre question s’ajoute : Plutarque a-t-il utilisé les sources telle quelle, où les a-t-il remodelées avant de les utiliser ? En effet, les informations rapportées par Plutarque sur les croyances égyptiennes sont en générales vraies, mais il les expose modifiées, soit parce qu’il les a acquises telles quelles, soit parce qu’il les a changé lui-même dû à l’interpretatio graeca, ce qui rend la recherche plus difficile.

En effet, L’intepretatio graeca modifie beaucoup de renseignements. Cela s’explique par le fait que certaines idées égyptiennes, découvertes par Plutarque, étaient différentes voir même à l’encontre de la pensée grecque. Par exemple, la conception de la mort est une notion vue différemment dans les deux mondes (d’où un rapprochement entre Osiris et Hadès pour faciliter la compréhension) ou encore, le culte des animaux qui est une pratique spécifiquement égyptienne. Tout cela va pousser l’auteur à en parler en faisant des assimilation à ce qu’il connaît du monde dans lequel il vit. Donc, les sources égyptiennes sont certes présentes dans le traité de Plutarque, mais elles sont parfois cachées derrière une interprétation grecque.

En plus des sources grecques et égyptiennes que Plutarque utilise pour construire son mythe, il ne faut pas oublier qu’il est également influencé par son éducation philosophique, son métier, sa nationalité et ce qui entoure sa vie quotidienne.

On sait, par lui-même, qu’il était un adepte des Mystères de Dionysos (Moral., 611 D). Avec la découverte des Mystères dionysiaques, Plutarque a permis de créer un lien entre les mystères osiriens égyptiens et les mystères dionysiaques grecs. Toute l’œuvre d’Isis et Osiris repose en effet sur l’identification de Dionysos à Osiris, mais d’une manière différente de celle d’Hérodote. Cette interprétation n’est autre qu’une démarche automatique de l’interpretatio graeca de Plutarque et de l’esprit de la religion polythéiste qui dénature le mythe osirien par sa propre interprétation ainsi que la modification antérieure des sources qu’il utilise. La fraternité philosophique qui relie Plutarque à Cléa pourrait faire penser que Plutarque est initié aux Mystères d’Isis et qu’il aurait donc des informations supplémentaires à ce sujet. Du moins, il existe un lien entre les deux adeptes. Dans tous les cas, Plutarque admet une équivalence entre les mystères dionysiaques et les mystères osiriens, et de ce fait, il lie les deux divinités. En dehors des rites, mythes et mystères, le mythe d’Osiris en Egypte occupe une place particulièrement importante. En effet, la mort d’Osiris, sur laquelle était bâtie en particulier le culte, est une référence centrale chez les Egyptiens. De ce fait, ils conservent avec beaucoup d’attentions des documents à ce sujet. Ainsi, par l’intermédiaire de l’œuvre de Manéthon de Sebennytos, Plutarque a probablement dû en connaître quelques-uns. Il a pu aussi obtenir des informations de la part de son maître, Ammonis. Dans le monde grec et dans le delta de l’Egypte de la Basse Epoque, Osiris est petit à petit remplacé par le dieu Sarapis, intégré par les Ptolémée, à Alexandrie. Cependant, Plutarque ne fait que très peu référence à ce dieu dans son traité. Soit c’est une preuve que certaines de ces sources datent d’une période où le culte de Sarapis n’a pas encore une grande influence sur celui d’Osiris, soit il décide d’en faire sa propre interprétation et n’inclut donc pas le personnage de Sarapis dans son traité d’Isis et Osiris. Il décide, par son côté philosophe, de mettre Isis en avant et retire l’assimilation d’Osiris à Sarapis « [...] ce sont là les traits d’un philosophe et non d’un fonctionnaire au service du pouvoir, comme l’étaient Manéthon ou Apion »5. Pour terminer, il est important de noter que Plutarque utilise parfois des sources qui sont contraires à sa pensée et c’est à travers son traité qu’il exprimer son désaccord explicitement ou implicitement tout en nous donnant des informations sans le vouloir.

Plutarque, Oeuvres morales, Isis et Osiris,Tome V, traité 23

Conclusion

Pour conclure, on peut dire que même si le mythe de Plutarque rapporte des faits bel et bien égyptiens, ils sont cependant modelés sur le modèle grec. En effet, dans le traité d’Isis et Osiris, on retrouve d’une part des sources grecques provenant des auteurs précédents comme Hérodote, Apion, Eudoxe ou Hécatée d’Abdère, qui ont probablement voyagé en Egypte et qui ont rapporté des observations et critiques plus ou moins modifiées, et d’autre part les sources égyptiennes peuvent provenir indirectement d’auteurs comme Manéthon ou des mystères isiaques que l’on trouve en Egypte, mais aussi dans le monde méditerranéen. De plus, cette œuvre est un apport d’informations considérable pour les égyptologues sur les croyances et les cultes égyptiens.

La réunion des divinités égyptiennes et des divinités grecques par les Grecs ou Ptolémée Sôtèr en Egypte (Osiris avec Dionysos, Isis avec Déméter) ne fait que renforcer les similitudes déjà mises en évidence par Hérodote, Hellanikos ou Hécatée de Milet. On retrouve des similitudes dans les deux mythologies comme le thème de la végétation, de la création et de la civilisation, ainsi que celui de l’eschatologie. Certains renseignements semblent incertains tandis que d’autres correspondent plus aux textes égyptiens. De plus, lorsque Plutarque aborde les cultes égyptiens il semble plus à l’aise, car il se peut qu’il ait connu des cultes isiaques dans le monde égyptien, mais également, dans le monde grec et romain et que par la suite, il ait assimilé quelques informations précieuses puisqu’il existe bel et bien des cultes propres à Isis et Osiris dans le monde méditerranéen, mais nous n’avons aucune preuves de l’existence d’une pratique d’un culte d’Isis à Delphes même. Ainsi, il a pu voir de ses propres yeux ce qui se déroulait dans les temples isiaques de Grèce, d’Italie ou d’Egypte ou peut-être même que Cléa, étant prêtresse d’Isis, lui a fourni des informations. Ainsi, certains renseignements et sources égyptiennes sont précieux pour les égyptologues qui peuvent les utiliser pour faire des recherches.

Et surtout, même si Plutarque nomme lui-même certaines de ses sources, il ne les mentionne pas toutes, en tout cas pas pour ce qui est du mythe osirien en lui-même. Il est donc difficile de trouver tous les auteurs dont Plutarque s’est inspiré et de savoir la « fourchette » chronologique des sources grecques et égyptiennes que Plutarque utilise.

Le problème est que Plutarque reste un écrivain grec et qu’il n’a certainement pas pu s’empêcher de modifier les renseignements qu’il a obtenu en dénaturant les sources. Ainsi, le travail difficile pour les chercheurs de déterminer les sources originales cachées derrière une interprétation grecque est plus difficile. Ainsi, au contact des pensées grecques, les croyances égyptiennes sont dénaturées et cachées par cette vision différente. Le seul culte qui a persisté est celui d’Isis. Pour Plutarque, Isis devient plus qu’une déesse égyptienne. Il l’élève au rang de dieu suprême, mère de tout. Ce n’est plus l’Isis égyptienne, pleureuse, mère et épouse, mais c’est une nouvelle Isis, qui sert de médiateur entre la nature et les dieux, entre les hommes et les dieux, figure même de la philosophie grecque.

Bibliographie

Lecture de base

Plutarque, Œuvres morales, Tome V 2ème partie, Traité 23, Isis et Osiris, traduit par C.Froidefond, Les Belles Lettres, Paris.

Lectures d’appui

Léon Parmentier, recherche sur le Traité d’Isis et d’Osiris de Plutarque, 1913 (consulté en ligne http://archive.org/details/recherchessurlet00parmuoft)

Jean Yoyotte, Une notice biographique du roi Osiris, BIFAO 77, 1977, p.145-149. J.G. Griffiths, Plutarch’s De Iside & Osiride, Cambridge, 1970.

Jacques Boulogne, Plutarque, un aristocrate grec sous l'occupation romaine (Consulté en ligne http://books.google.ch/books id=t51McY6QDTgC&printsec=frontcover&hl=fr#v=onepage& q&f=false).

Robert Flacelière, Sagesse de Plutarque, PUF, 1964. Jean Sirinelli, Plutarque de Chéronée, Fayard, 2000.

Sites internet

http://pot-pourri.fltr.ucl.ac.be/files/AclassFTP/Textes/PLUTARQUE/presentation.htm http://remacle.org/bloodwolf/historiens/Plutarque/propos5.htm

_________________________________________________________________________________

2 Plutarque, Propos de tables, L.V, Q.V, 1

3 Plutarque, Œuvres morales, Tome V 2ème partie, Traité 23, Isis et Osiris, traduit par C. Froidefond, Les Belles

Lettres, Paris, p.194

4 Plutarque, Œuvres morales, Tome V 2ème partie, Traité 23, Isis et Osiris, traduit par C. Froidefond, Les Belles Lettres, Paris, p. 188

5 ibidem p.54

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Kes 25/03/2016 07:44

Très intéressant ce blog ! Ma question était celle ci , si plutarque n'a pas voyager en egypte a son temps, comment pouvait t'il connaître aussi bien l'histoire de la passion d'osiris ( qui datait de plus de 3000 ans avant el egypte ?) aussi bien ! Cordialement

Sabrina Ciardo, Céli et Tania 21/04/2016 12:09

Bonjour,
Merci de votre commentaire. Pour répondre à votre question, Plutarque a certainement eu accès à des sources littéraires extérieures. Cordialement. Célimène