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ArteHistoire

Le groupe du Laocoon

22 Juin 2013 , Rédigé par Sabrina Ciardo Publié dans #Archéologie, #Histoire de l'art

Le groupe du Laocoon

Le groupe du Laocoon est une sculpture en marbre grec et l'autel sur lequel le Laocoon et son fils cadet reposent est de marbre italien.

Cette oeuvre a été réalisée par trois sculpteurs rhodiens: Hagésandros, Anthanadoros et Polydoros. Une attestation dans la caverne de Sperlonga, où se trouvent des statues sculptées pour Titus, nous apprend que ces trois sculpteurs étaient des copistes d’œuvres hellénistiques à thème mythologique.

La datation du groupe du Laocoon a été disputée par plusieurs personnes: Bernard Andreae pense que la sculpture daterait de l'époque de Tibère (14-37 apr. J-C), quant à Nikolaus Himmelmann pense plutôt qu'il daterait de l'année de Claude (41-54 apr. J-C), et pour finir Stefano Settis, lui, pense qu'il faudrait le dater entre 40-20 av. J-C. Si l'on se fie au texte de Virgile qui daterait de 19 av. J-C. On pourrait dire que le Laocoon daterait après celle-ci.

Le groupe du Laocoon a été découvert le 14 janvier 1506, près des "Sept Salles" et des thermes de Trajan.

La base mesure 1m10 environ et, le groupe lui-même, est haut 2m environ.

Le groupe du Laocoon fut acheté par le pape Jules II et le plaça dans la cour de l'Octogone du palais du Belvédère au Vatican.

Le groupe du Laocoon

Le Pathos

Selon Virgile, le Laocoon était le prêtre troyen du dieu Apollon ou de Neptune, il avait eu l'intuition du piège fait grâce au cheval de Troie, laissé par les Grecs sur la plage. Ne comprenant pas vraiment la ruse d'Ulysse, il avertit quand même les citoyens qui voulaient faire entrer le cheval dans la cité en tant que trophée. Alors, les dieux décidèrent d'envoyer deux serpents, qui sortirent de la mer, pour tuer le prêtre et ses deux fils. Sa mort était nécessaire pour que Troie périsse.

La sculpture hellénistique représente le plus souvent des moments douloureux, comme dans le groupe du Laocoon. Ici, la représentation de la douleur est en fait un cri silencieux. La bouche ouverte du prêtre est annonciatrice du malheur à venir, c'est-à-dire la prise de Troie, tandis que la morsure mortelle du serpent est une sorte de punition.

La sculpture possède plusieurs éléments qui s'opposent que l'on verra plus bas. L'idée de pathos est surtout présente sur le visage du Laocoon qui ressemble à quelqu'un sur le point de mourir. Le fils cadet sur la gauche a déjà été mordu est est en train de s'effondrer à cause du venin. Tandis que l'autre fils, se trouvant sur la droite, semble plutôt s'échapper, mais on peut aussi voir qu'il est horrifié à la vue de son père et de son frère qui se font mordre. Cette idée de mort, de souffrance peut être observée aussi par le fait que le Laocoon et son fils cadet, tous deux mordus par les serpents, reposent sur l'autel, comme une sacrifice.

Un art dit baroque

La fin de l'art hellénistique est caractérisée par le terme baroque, car il a tendance à représenter des thèmes troyens, des moments tumultueux et des héros. Il est souvent caractérisé par un thème tragique, comme c'est le cas avec le groupe du Laocoon qui est aussi un thème troyen.

Cette sculpture montre des éléments qui s'opposent mais qui font de cette oeuvre une unification entre chaque élément. C'est-à-dire, le Laocoon est debout dans une posture à la fois dynamique et solide, qui exprime la robustesse physique et en même temps qui le fige sur place. Quant au mouvement des serpents, ils montrent une manière d'agir opposée. C'est un glissement tout en courbes, en mouvement enroulant.

Le corps paraît jeune, mais la tête est celle d'un vieil homme. Les muscles regorgent de tensions et de force, mais la tête indique la perte de fonctions vitales. Le corps possèdes une construction d'athlète, mais la tête correspond à la vocation sacerdotale de Laocoon. Le corps est un symbole de vie, mais la tête exprime la mort. Le corps présente des traits triomphants, mais la tête présente la marque de l'homme puni.

L'unité se construit par les muscles, ceux du Laocoon et ceux des serpents. Le corps se trouve dans une posture dynamique de pouvoir, le visage indique que le contrôle et la détermination sont sur le point de s'évanouir. La tension entre la force et la perte de détermination indique l'état du mourant héroïque.

Le groupe du Laocoon

Les reconstructions des bras du groupe

La question de la reconstruction du bras date depuis sa découverte. Plusieurs propositions ont été faites jusqu'à la découverte du véritable bras.

Le premier fut celui de Montorsoli, un élève de Michel-Ange, qui, en 1520, construira un bras proche de l'original, mais il ne fut jamais réalisé en marbre, mais resta en terre cuite. En 1720, Cornacchini, construisit un autre qui s'étire en diagonale, accentuant l'effet de théâtralité. Le bras qui se trouve aujourd'hui sur la statue, s'agit du bras Pollak. Ludwig Pollak le trouva en 1903 dans des fouilles le long de la section urbaine de Labicana, donc pas trop loin du lieu de découverte du groupe du Laocoon. En 1957, on confirma que ce bras était l'original et la restauration fut exécutée par Filippo Magi. Avant celle-ci, Cafarelli en fit une en 1954, très ressemblante à l'original. Pour cette reconstruction, les artistes ont du observer les fresques de Pompei: Casa di Menandro et la Casa del Laocoonte. Dans la première il tend le bras, tandis que dans l'autre il le plie. Par contre, un bas-relief de Genève a permis de restituer une version assez proche de l'original. Le Laocoon ici a le bras plié, la main derrière la tête ce qui a beaucoup aidé Magi.

Reconstruction de Montorsoli, Cornacchini, Cafarelli, Magi
Reconstruction de Montorsoli, Cornacchini, Cafarelli, Magi
Reconstruction de Montorsoli, Cornacchini, Cafarelli, Magi
Reconstruction de Montorsoli, Cornacchini, Cafarelli, Magi

Reconstruction de Montorsoli, Cornacchini, Cafarelli, Magi

Casa di Menandro, Casa del Laocoonte, bas-relief de GenèveCasa di Menandro, Casa del Laocoonte, bas-relief de GenèveCasa di Menandro, Casa del Laocoonte, bas-relief de Genève

Casa di Menandro, Casa del Laocoonte, bas-relief de Genève

Le fils cadet a un bras très ressemblant à son père. Au tout début des reconstructions, il avait un bras étiré comme le Laocoon, accentuant encore cette idée de théâtralité, mais cela ne marchait pas vraiment, car le personnage mordu devait s'effondrer. Ensuite, il adopta un bras légèrement plié, signe d'évanouissement, mais pas encore complet. Dans les fresques on le voit mort, couché. Par contre, si l'on observe le bas-relief de Genève, il plie le bras comme son père. Magi en rendit la restitution mais en faisant tomber la main sur sa tête comme si le jeune homme était à deux doigts de mourir. Cette reconstruction permet d'accentuer l'effet dramatique des deux personnages,car le père et le fils sont les seuls à être mordus par les serpents, donc les seuls à mourir et les seuls à reposer sur l'autel comme un sacrifice.

La main du fils aîné a toujours été représentée avec la paume ouverte, mais avec une variation de la position des doigts. Au tout début les doigts droits sont légèrement écartés, donc la paume face au spectateur. Ensuite, toujours la paume face au spectateur, deux doigts repliés et les trois autres droits. Puis, Caffarelli, tourne la paume vers le haut, les doigts un peu relâchés. Pour finir, Magi, lui, présente une paume de nouveau face au spectateur, dans un geste un peu protecteur, les doigts relâchés. Sur les fresques ce personnage est attaqué par un des serpents et non en train de s'échapper. Par contre, sur le bas-relief de Genève, on peut observer qu'il a la paume ouverte et les doigts droits comme la première reconstruction.

Le groupe du Laocoon a été bien sûr reproduit et pris comme exemple pour des peintures. La première copie fut celle de Brandelli en 1520-1525 qui était destinée normalement à François I, mais le pape Léon X la garda pour lui. Pour finir, François I envoie le Primatice, en 1540, pour faire les moulages de l'oeuvre.

Ensuite, un petit bronze a été réalisé à Florence en 1532-1550. Les copies de format original sont très rare. Dans la collection privée de New York, il y a une copie de torse et de la tête du Laocoon qui remonte à 1785. Celle-ci représente les mêmes formes et traits baroquisant de l'original.

Le groupe du Laocoon

Puis, des artistes tels que Titien, William Blake, El Greco et Max Ernst ont créé des œuvres utilisant ce thème mythologique, héroïque.

Bibliographie

C.C. van ESSEN, La découverte du Laocoon, Amsterdam, 1955.

E. DECULTOT, J. LE RIDER, F. QUEYREL, « Le Laocoon: histoire et réception », RGI 19 (2003), Paris, 2003.

S. HOWARD, «On the Reconstruction of the Vatican Laocoon Group», AJA 63 (1959), pp. 365-369.

S. HOWARD, « Laocoon Rerestored », AJA 93 (1989), pp. 417-422.

Laocoonte – alle origini dei Musei Vaticani, F. Buranelli, P. Liverani, A. Nesselrath (dir.), Rome, Musei Vaticani, Rome, 2006.

F. MAGGI, Il Ripristino del Laocoonte, Rome, 1960.

H. SCHITERMANN, Laokoon, Stuttgart, 1964.

B.S. RIDGWAY, Hellenistic Sculpture III – The Styles of ca. 100 – 31 B.C., Londres, 2002, pp. 68-95.

R.R.R. SMITH, Hellenistic Sculpture, Londres, 1991, pp. 99-111.

M. WIGGEN, Die Laokoon-Gruppe – Archäologische Rekonstruktionen und künstlerische Ergänzungen, Mainz, 2011.

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CHLOE 03/02/2016 14:28

Merci pour tous ces renseignement ça m'a beaucoup aider pour mon exposé j'ai eu 19 copier coller!!! ; )

marinicool 25/05/2014 16:22

bjr pour la derniere image on peut avoir plus de renseignemant

Sabrina Ciardo 25/05/2014 17:35

La dernière image est une peinture à l'huile d'El Greco, datée autour de 1610-1615. Elle représente le Laocoon, couché au sol, se battant contre un serpent assez fin par rapport à la sculpture. Le fils cadet gît à côté de son père et le fils aîné se défend du serpent, sur la gauche. Cette représentation présente la même scène, mais d'une tout autre manière. La couleur est sombre et les touches de pinceaux sont visible. L'artiste a voulu représenter une scène dramatique, tout comme la sculpture, mais en déformant les corps et en reprenant plutôt la scène représentée dans la Casa di Menandro.
J'espère que ces renseignements vous aideront.