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ArteHistoire

Millénarismes contemporains : Satanisme et développement de la figure de l’Antéchrist aux USA

10 Septembre 2014 , Rédigé par Célimène Bonjour Publié dans #Histoire des religions

Signorelli, Luca, Predica e morte dell’Antichristo, 1499 – 1502, Cathédrale d’Orvieto, Italie

Signorelli, Luca, Predica e morte dell’Antichristo, 1499 – 1502, Cathédrale d’Orvieto, Italie

Et je vis les âmes de ceux qui avaient été décapités à cause du témoignage de Jésus et à cause de la parole de Dieu, et de ceux qui n'avaient pas adoré la bête ni son image, et qui n'avaient pas reçu la marque sur leur front et sur leur main. Ils revinrent à la vie, et ils régnèrent avec Christ pendant mille ans (Apocalypse 20, 1 – 4).

Le message mystérieux, tragique et insolite de l'Apocalypse de Saint-Jean, composé aux alentours du Ier siècle ap. J.-C., a engendré dès le départ des œuvres nombreuses, des courants sociaux et politiques, que les anthropologues, canonistes, historiens, sociologues et théologiens regroupent sous le terme de millénarisme.

Dans la deuxième moitié du XIXème et du XXème siècle, les courants millénaristes et fondamentalistes, les caractéristiques eschatologique et apocalyptique, ainsi que la figure de l’Antéchrist connaissent une recrudescence d’intérêt dans la culture nord américaine. La question de la date de la fin du monde va demeurer très présente, notamment dans les milieux populaires, car chaque génération va penser vivre la fin du monde décrite dans la Bible, étant donné que chaque époque connaît son lot de soulèvements sociaux, famines, effondrement de la moralité etc.

Associés à ces événements tragiques, annonciateurs de la seconde venue du Christ, les mouvements millénaristes développent la figure d’un homme mauvais, appelé l’Antéchrist, mentionné dans la Bible. Mais qui est l’Antéchrist ? En quoi cette figure, pourtant si mal connue, devient-elle populaire ? Comment est-elle présentée dans la Bible et quelles sont les interprétations des mouvements millénaristes américains à propos de cette figure si mystérieuse ?

Ce travail descriptif, sera séparé en trois parties. Premièrement, nous débuterons par une mise en contexte et une explication de l’Apocalypse de Jean, œuvre qui inspirera le millénarisme. Deuxièmement, nous développerons la figure de l’Antéchrist dans la Bible et observerons la description qu’elle en donne. Troisièmement, nous nous pencherons sur le mouvement prémillénariste et étudierons son interprétation de la figure de l’Antéchrist. En ce qui concerne l’analyse, nous commenterons les aspects politiques et sociologiques des Etats-Unis durant la période qui s’étend de 1947 à 1991, à savoir la période de la Guerre froide.

L’Apocalypse de Jean est une épître qui a été intégrée dans le canon biblique comme le dernier livre du Nouveau Testament. Il s’agit d’un texte, assez marginal, puisqu’il comprend des éléments apocalyptiques, prophétiques et eschatologiques. Le terme apokalypsis (Αποκάλυψις en grec) exprime le dévoilement, la révélation. L’auteur met ici en scène une révélation divine. De plus, l’élément prophétique se retrouve lorsqu’il met en scène un personnage disant transmettre un message divin. Il professe également une vision de faits à venir[1], ainsi qu’une explication du sens de l’histoire et de sa fin. En effet, cette épître prédit des événements dans une atmosphère eschatologique - c’est-à-dire de fin du monde - et dramatique, sans mentionner, à une exception[2], la vie de Jésus-Christ. Bien que le genre littéraire apocalyptique soit une étiquette que la science moderne a attribuée à ce texte, Christian Grappe, citant John Josep Collins (1946 - ), professeur d’étude de l’Ancien Testament à la Yale divinity School, en donne une définition assez claire :

Le genre littéraire apocalyptique se caractérise par un cadre narratif dans lequel une révélation est transmise, par un être supraterrestre à un récipiendaire humain. Elle concerne une réalité transcendante, à la fois sur le plan temporel, dans la mesure où le salut eschatologique est en ligne de mire, et sur le plan spatial, dans la mesure où l’avènement d’un autre monde supranaturel, est annoncé.[3]

En ce qui concerne l’auteur, l’œuvre est attribuée à un certain Jean, mentionné quatre fois[4] dans le texte. Exilé sur l’île de Patmos[5] - dans la mer Egée et proche de l’Asie Mineure - et composant son œuvre en ces lieux vers le Ier siècle ap. J.-C[6], ce Jean de Patmos n’est pas un personnage connu. De plus, rien ne nous permet de dire qu’il s’agit de l’apôtre Jean[7].

Dans le texte, Jean de Patmos relate une vision du retour du Christ, pendant mille ans – mille ans étant l’expression de la pérennité - parmi les martyrs chrétiens ressuscités. C’est au terme de celui-ci qu’a lieu le combat suprême entre les forces du mal, Satan et l’Antéchrist et les forces du bien, les anges et le Christ, à Armageddon, menant à la victoire du bien sur le mal et à la fin des temps. L’auteur s’adresse à des chrétiens d’Asie Mineure, comme le témoigne le chapitre 1 verset 4 : « Jean aux sept Églises qui sont en Asie […] ». Quant à la date de rédaction de l’œuvre, plusieurs théologiens tels que Christian Grappe[8] ou Raymond Edward Brown s’accordent pour dire, selon une exégèse du texte, qu’il aurait été composé au Ier siècle de notre ère, soit sous le règne des empereurs romains Néron ou Domitien.

Même si nous ne pouvons pas démontrer quelles sources l’auteur a utilisé, plusieurs chercheurs tels que Claude Dubar ou Danel von Allmen pensent qu’il aurait été inspiré par les textes prophétiques juifs de l’Ancien Testament[9]. En effet, le concept du millénarisme n’est pas totalement chrétien. Il s’inscrit dans la suite du prophétisme du judaïsme ancien. « Prophétisme, apocalypse et millénarisme ont ainsi une racine commune dans l’Ancien testament tout en désignant précisément des « objets » différents : rappel à l’ordre, fin des temps et Millénium »[10]. Certains de ces éléments font écho à des éléments de la tradition juive. Or, selon Agostino Paravicini, professeur d’histoire médiévale à l’Université de Lausanne : « […] c’est surtout l’Apocalypse de Jean qui a inventé le concept du Millénium […] »[11]. Ainsi, même si ce courant prend véritablement son sens et se développe avec l’Apocalypse de Jean, il est bel et bien présent dans le monde de l’Israël ancien dès le IIème siècle av. J.-C[12]. Par ailleurs, L’Apocalypse chrétien serait vraisemblablement héritier du zoroastrisme[13]. Le zoroastrisme est une doctrine monothéiste de la Perse antique né Ier millénaire av. J.-C. Son nom découle du prophète Zarathustra (qui donnera Ζωροάστρης, Zoroastre en grec). Les historiens pensent que des éléments – eschatologiques ou non - du zoroastrisme ont largement influencés le judaïsme, puis le christianisme. En effet, après l’Exil, le peuple d’Israël est libéré par les Perses au VIème siècle av. J.-C. Cette libération, engendre un rapprochement entre les deux peuples et facilite l’assimilation de la pensée religieuse perse chez les penseurs Juifs qui voient chez les Perses leurs sauveurs et protecteurs.

Dès le IIème siècle av. J.-C., le Proche-Orient connut la diffusion d’écrits eschatologiques d’inspiration zoroastrienne, rédigées en grec sous le nom d’Oracles d’Hystape , lesquels manifestaient la haine des Parthes contre Rome. […] Après que K.G Kuhn, A. Dupont-Sommer, J.R. Hinnells eurent remarqué l’empreinte du zoroastrisme […] sur la littérature millénariste de Qumrân, […] nous en avons analysé l’ampleur sur les origines cryptiques du christianisme. L’empreinte de la pensée perse fut si profonde sur l’élaboration de la pensée judéo-chrétienne que dès l’époque séleucide on relève déjà plusieurs tentatives d’absorption de Zoroastre dans la tradition biblique[14].

  1. L’Antéchrist dans la Bible

La Bible mentionne très peu la figure de l’Antéchrist. Cité cinq fois au total, il n’est mentionné, ni dans l’Apocalypse de Jean, ni chez Daniel. Le mot « Antéchrist » ou « Antichrist », en français, apparaît dans les épîtres de 1 Jean et 2 Jean[15], par exemple : « Petits enfants, c'est la dernière heure, et comme vous avez appris qu'un antéchrist vient, il y a maintenant plusieurs antéchrists : par là nous connaissons que c'est la dernière heure. »[16] ou « Qui est menteur, sinon celui qui nie que Jésus est le Christ ? Celui-là est l'antéchrist, qui nie le Père et le Fils. »[17].

D’abord, considérons le sens du terme « Antéchrist ». « Antéchrist » est un mot grec composé du préfixe anti – anti en grec signifiant opposé à, contre - et du nom Christos - χριστός en grec signifiant oint. Bien que le préfixe anté, signifie avant, il ne s’agit que d’une mauvaise traduction du préfixe anti. Ainsi, Antéchrist et Antichrist sont synonymes. Le préfixe anti définit dans un premier temps le sens exactement contraire du mot employé. Ainsi, le terme signifie, à première vue, une personne étant contre le Christ. Or, une telle traduction de ce mot reste trop simpliste. Effectivement, des millions de personnes sont opposées au Christ : Les Hébreux – qui sembleraient être les personnes désignées dans les passages de Jean - Paul avant sa conversion, les païens, les membres d’une religion non-chrétienne etc. La nature du mot est beaucoup plus complexe que cela. En effet, les différentes traditions bibliques, parlent d’un ou de plusieurs adversaires du Christ qui usurpent son identité de Messie. Elles finiront par les unifier sous l’appellation unique de l’Antéchrist. Aussi, l’Antéchrist s’incarne dans toute personne usurpant son identité. De plus, dans les passages cités plus haut, Jean distingue un esprit[18] et un corps[19]. Il existe donc non seulement un esprit trompeur, mais également un corps physique. Par conséquent, l’Antéchrist est vu comme une menace corporelle, mais aussi comme une puissance maléfique qui émane de l’intérieur, dans le cœur même des dévots. Quels sont ses attributs ? Les écritures bibliques ne donnent pas d’indications sur sa nationalité, son nom ou sa nature. Elles mentionnent un personnage séducteur, vicieux, talentueux, intelligent, convaincant à travers des miracles, se faisant passer pour le Christ, adversaire redoutable du Christ, puissant et colonisateur.

Jésus leur répondit : Prenez garde que personne ne vous séduise. Car plusieurs viendront sous mon nom, disant : C'est moi qui suis le Christ. Et ils séduiront beaucoup de gens.[20]

Au terme de leur règne, quand les pervers auront mis le comble à leur perversité, il s’élèvera un roi impudent et expert en astuce. Sa puissance ira croissant, […] Et à cause de son habileté, il assurera le succès de ses tromperies […][21]

Elle séduit les habitants de la terre par les prodiges qu’il lui est donné d’accomplir sous le regard de la bête[22].

Quant à la venue de l’impie, marquée par l’activité de Satan, elle se manifestera par toutes sortes d’œuvres puissantes, de miracles, de prodiges trompeurs[23].

En revanche, le chapitre 13 verset 18 indique un nombre, 666 :« […] Que celui qui a de l'intelligence calcule le nombre de la bête. Car c'est un nombre d'homme, et son nombre est six cent soixante-six. »[24]. Par ailleurs, beaucoup de croyants et d’exégètes verront dans : « roi impudent et artificieux »[25], « un chef qui viendra »[26], « l’homme du péché »[27], « une bête qui avait dix cornes et sept têtes »[28], non pas la mention de Satan, mais plutôt d’autres allusions à cette même figure considérée comme son disciple. En revanche, la notion de faux prophète ainsi que les attentes eschatologiques existent déjà dans la conception juive, bien avant l’avènement du christianisme. Elle se développera également dans la théologie musulmane, sous le nom de Dajjal[29].

Les prophéties bibliques annoncent que la fin des temps est précédée du règne de l’Antéchrist[30], comme l’annonce Paul dans 2 Thessaloniciens 2 : 3 : « […] Il faut que vienne d’abord l’apostasie et que se révèle l’Homme de l’impiété, le Fils de la perdition, celui qui se dresse et s’élève contre tout ce qu’on appelle dieu ou qu’on adore, au point de s’asseoir en personne dans le temple de Dieu et de proclamer qu’il est Dieu ».

Les caractéristiques de l’Antéchrist, décrites dans 1 Jean, 2 Jean ou encore 2 Thessaloniciens, sont applicables à un grand nombre de personnes, groupes, associations ou nations. L’imprécision du concept laisse donc libre cours à de multiples spéculations, qui dépendent de la culture du pays, des interprètes, des courants et de l’époque, quant à la figure corporelle de l’Antéchrist. Les prémillénaristes – voir dans le chapitre suivant pour la définition - étudient et guettent chaque élément étranger ou inconnu, provoquant un sentiment de peur, de menace ou de mécontentement, associé à des signes prophétiques bibliques, annoncés dans l’Apocalypse, mais également chez Matthieu ou Daniel. Ces signes, marquant la présence de l’Antéchrist, annoncent la venue imminente de Jésus-Christ.

  1. Le Millénarisme
  1. Les principaux mouvements issus du millénarisme

Après cette brève partie descriptive du texte johannique et de la figure de l’Antéchrist, examinons à présent le mouvement apocalyptique du pré-millénarisme, exploitant les éléments millénaristes. Avant tout, il semble judicieux de définir qui sont, comment et où sont nés, les pré-millénaristes. Le terme pré-millénarisme, découle du mot Millenium faisant directement référence aux mille ans mentionnés dans l’Apocalypse de Jean (chapitre 20, versets 2 - 4) dans la tradition chrétienne.

C’est ce passage du texte apocalyptique qui créera plusieurs courants d’interprétations, comme par exemple les pré-millénaristes, les amillénaristes et les post-millénaristes. Dans ce travail, nous nous concentrerons sur les pré-millénaristes. Les prépositions pré, post ou a, préfixées au nom millénarisme ou à l’adjectif millénariste, servent à différencier l’ordre des événements tels qu’il est compris et notamment l’instant du retour de Jésus-Christ. Ces courants naissent dès la rédaction de l’Apocalypse, mais deviennent plus populaires dès la fin du XIXème siècle.

Les post-millénaristes interprètent le chapitre 20 de l’Apocalypse de manière littérale et considèrent que la venue du Christ se fera après le millénium. Ils encouragent la modernité et le progrès et admettent qu’une bonne préparation de la société est « une condition préalable au retour du Christ »[31]. En ce qui concerne les a-millénaristes, ceux-ci supposent que le millénium est purement symbolique. Cette question de l’interprétation du chapitre 20 de l’Apocalypse de manière symbolique ou littérale s’est posée rapidement dans la croyance chrétienne. Saint-Augustin, un philosophe et théologien berbère du IIIème – IVème siècle de notre ère, prône dans son œuvre La Cité de Dieu l’idée d’une interprétation symbolique du règne de mille ans. Par conséquent, le millenium biblique, spirituel, symbolise le temps de l’Église plutôt que l’établissement d’un millenium terrestre. Cette position de Saint-Augustin sera reprise et partagée par l’Eglise catholique, qui considère qu’il n’y a pas de raison de calculer le moment de la venue du Christ puisque celui-ci indique clairement que l’heure et la date de la fin des Temps ne sont volontairement pas annoncées : « Si tu ne veilles pas, je viendrai comme un voleur, et tu ne sauras pas à quelle heure je viendrai sur toi. »[32] et « Pour ce qui est du jour et de l'heure, personne ne le sait, ni les anges des cieux, ni le Fils, mais le Père seul. »[33].

Les pré-millénaristes interprètent le passage de l’Apocalypse de manière littérale. Après un règne de Satan et de son disciple l’Antéchrist sur le monde, accompagné de la décadence du monde, la venue terrestre du Christ inaugurera son règne de mille ans parmi les fidèles ressuscités, avant le combat ultime. Comme les a-millénaristes, les prémillénaristes sont convaincus qu’ils n’ont pas d’emprise sur la venue du Christ. On observe donc une certaine passivité dans ce type de courant, puisque les croyants ne s’impliquent pas dans des activités de sauvetage des non-croyants. D’ailleurs, plusieurs écrivains, comme Jack Van Impe, un évangéliste américain, souligneront l’inutilité de l’effort social humain, car tout est prédestiné : « One who honestly feels that Christ may come to any moment is not involved with this world »[34]. Cependant, Boyer soulève que même si une partie des prémillénaristes ne sont pas engagés, une autre lutte contre les éléments pouvant les influencer, tels que la pornographie ou la télévision[35].

Le concept de la venue du Messie sur terre avant l’instauration d’un âge d’or est déjà présent dans la littérature hébraïque et précède donc le christianisme. Le christianisme reprendra le concept dès les premiers siècles. Avec la naissance du protestantisme au XVIème siècle, des courants religieux, issus de cette branche se développèrent, d’abord en Europe, tels que les anglicans, les puritains anglais, les pentecôtistes, les luthériens, ou encore les évangélistes. Puis, au XVIIIème siècle, les mouvements religieux protestants, notamment les puritains anglais, s’exportent dans les colonies anglaises du Nouveau Monde et y trouvent un terrain propice à un développement individuel. Les fondamentalistes et les courants millénaristes, issus du puritanisme anglais et du protestantisme américain et tendant vers le conservatisme, naissent aux Etats-Unis, dès la fin du XIXème siècle, début du XXème siècle et continuent leur ascension fulgurante, jusqu’à aujourd’hui[36]. « Sur le plan théologique, les fondamentalistes veulent revenir aux « fondements » de la foi chrétienne. […] On trouve aussi des éléments importants venant de la théologie calviniste/presbytérienne […] et enfin une eschatologie particulière, prémillé́nariste et dispensationaliste »[37] .

ii. La figure de l’Antéchrist aux USA, durant la Guerre Froide : comprendre les aspects politiques et sociologiques

À partir du XXème siècle, le thème eschatologique se popularise et la figure de l’Antéchrist se développe, notamment aux Etats-Unis. « […] aux États-Unis, Robert Jewett n’hésite pas à parler de « doom boom », explosion ou syndrome de la catastrophe finale, tandis que Paul Hanson souligne l’impact grandissant dans la société américaine d’une « apocalyptic consciousness » »[38].

Deux exemples démontrent un succès flagrant du thème eschatologique, apocalyptique et millénariste, dans la culture américaine. Premièrement, l’évangéliste et dispensationaliste chrétien américain, Hal Lindsey (1929 – aujourd’hui) écrit en 1970 un livre The Late Great Planet Earth, dont nous pouvons voir la première de couverture sur la figure 7[39][40] à une période où ces sujets sont réputés chez les fondamentalistes américains. Vendu à plus de 20 millions d’exemplaires, il sera repris comme livre de référence par les fondamentalistes. Lindsey y développe l’idée du déclin du monde, y compris des Etats-Unis. Pour lui, le rétablissement de l’Etat d’Israël, en 1947 indique que la fin des temps est proche.

Deuxièmement, la série des 16 volumes de fiction intitulés Left Behind[41] écrit par Tim LaHaye et Jerry B- Jenkins, et diffusé entre 1995 et 2007. Vendus à plus de 65 millions de copies, les romans auront un énorme succès aux Etats-Unis. Left Behind exprime l’idée que seuls les croyants seront sauvés avant la période de tribulation. Brève période terrestre au cours de laquelle le monde entier subit des guerres, famines, maladies etc. le concept de tribulation est important pour les prémillénaristes. Cette période – appelée Great Tribulation en anglais - précède et annonce la seconde venue du Christ et l’imminence du jugement dernier. Plusieurs passages de l’Apocalypse de Jean mentionnent cette période : « Voici, je vais la jeter sur un lit, et envoyer une grande tribulation à ceux qui commettent adultère avec elle, à moins qu'ils ne se repentent de leurs oeuvres »[42].

LaHaye cultive avec Hal Lindsey au moins deux certitudes : la première est que l’Antéchrist est bien réel, et le peuple de Dieu doit être averti de sa réalité et de son imminence. La seconde est qu’une habile présentation du thème apocalyptique peut rapporter gros, très gros, dans un pays hanté depuis les temps puritains fondateurs par un imaginaire messianique.[43]

On observe également, dès la fin du XIXème et le début du XXIème siècle, l’utilisation des thèmes eschatologiques, apocalyptiques et prophétiques dans les médias et la presse. En effet, plusieurs productions cinématographiques, comme le film « Armageddon » sorti en 1998 que l’on peut observer sur la figure 3 indique le succès de ce thème dans le grand public. La littérature s’emparera également des thèmes apocalyptiques, ainsi que de la figure de l’Antéchrist, comme l’ouvrage de la figure 2, qui pose la question de la présence de l’Antéchrist dans la société mondiale.

À partir des informations bibliques, les pré-millénaristes de la culture américaine, dans la période qui s’étend de 1947 à 1991, transposent la figure de l’Antéchrist à une multitude de types, qu’ils soient individuels ou collectifs.

Benito Mussolini (1883 - 1945), dictateur italien, fera l’objet de beaucoup de spéculations durant son pouvoir en Italie de 1922 à 1943. Ses relations avec le pape, et son lien géographique avec l’ancien Empire romain, firent de lui une cible parfaite pour de multiples accusations. En effet, la résurrection de l’Empire romain fait partie des signes précurseurs de la fin des temps. Beaucoup d’auteurs se consacreront à l’étude du cas de Benito Mussolini. World-wide War and the Bible[44] publié en 1940, par John R. Rice pose la question de savoir si le comportement de Mussolini correspond à celui de l’Antéchrist. L’auteur répond : « He may be. I know of no reason why he should not fit the description of this terrible man of sin...He is evidently an atheist »[45]. Oswald Smith publiera également en 1927 Is the Antichrist at hand ? What of Mussolini[46] où il mettra en parallèle, à l’aide de passages bibliques, la figure de l’Antéchrist et celle de l’homme d’état italien. Cependant, selon Peter d’Agostino (1962 – 2005), professeur d’histoire et d’études catholiques et à l’Université d’Illinois à Chicago, pas tous les fondamentalistes américains ne voient en Mussolini la figure de l’Antéchrist[47]. Il en va certainement de même pour d’autres associations de figures. Adolf Hitler (1889 - 1945) sera aussi longtemps considéré comme la véritable figure de l’Antéchrist au XXème siècle, de par son habileté à convaincre, sa puissance et sa volonté.

La situation dans laquelle évoluent les prémillénaristes est conflictuelle. Le monde sortant de la difficile deuxième guerre mondiale, un affrontement idéologie et politique naît entre l’Amérique capitaliste et l’Europe, plus particulièrement l’URSS communiste. En effet, les Etats-Unis s’appuient sur un modèle démocratique et s’opposent à l’attitude des Soviétiques voulant dominer les pays qui leur sont soumis, sous l’égide du communisme. La Guerre froide est plutôt caractérisée par une course à l’armement nucléaire et à l’espionnage[48], sans véritables combats armés. Ce conflit prend fin dans les années 90, à la chute du régime communiste en Europe. Ces tensions internationales et seront interprétées à nouveau comme des signes « antéchristiques ». Mikhail Gorbatchev (1938 – aujourd’hui), leader de l’URSS de 1985 à 1991, sera assimilé à l’Antéchrist, non seulement pour sa tache de naissance sur le front, associée à la marque de Satan, mais également par fait qu’il est le leader de cette superpuissance menaçant les Etats-Unis. Des ouvrages l’associant à l’Antéchrist seront également publiés, comme cet ouvrage de Robert Faid, publié en 1988, que nous pouvons examiner sur la figure 6.

Puis, après avoir associé « la confédération du nord »[49], mentionné dans la Bible, à l’URSS comme le lieu de résidence de l’Antéchrist, plusieurs penseurs verront aussi par la suite dans la constitution de l’Union européenne dans les années 1950, une création de l’Antéchrist lui-même[50]. Comme mentionné dans le livre de Hal Lindsey There’s a New World Coming[51], aux yeux des prémillénaristes, la communauté européenne est identifiée comme la source maléfique, qui se diffuse, et tente d’entrer sur le territoire américain : «We believe that the Common Market and the trend towards unification of Europe may well be the beginning of the ten-nation confederacy predicted by Daniel and the Book of Revelation »[52].

La culture européenne influençant les Etats-Unis est aussi très mal vue. Les fondamentalistes américains mettent en gardent : avec l’exportation de ses produits, le développement de sa technologie, et la mondialisation, l’Union européenne manipule le peuple américain, hypnotisé par la marque de la Bête. De plus, à travers sa production de biens culturels qui plaisent à une part de la culture américaine, l’Europe, sous l’égide de l’Antéchrist, essaie de contrôler le peuple, d’imposer son nouveau gouvernement et de diviser la société américaine en créant des sentiments de jalousie et d’envie[53]. De plus, le chiffre 666, est expliqué dans l’Apocalypse comme étant une marque de l’Antéchrist. « [P]ersonne ne pût acheter ni vendre, sans avoir la marque, le nom de la bête ou le nombre de son nom »[54]. Puisque personne ne sera en mesure d'acheter ou de vendre sans la marque de la Bête, cela représente son contrôle total sur toutes les personnes qui lui ont prêté serment d'allégeance. Ainsi, les individus pensant apprécier leur liberté de contraintes morales sont en réalité réduites à la servitude absolue[55]. Selon Lindermayer, l’association de l’Europe à un élément maléfique de la part des fondamentalistes cacherait une réaction à un sentiment d’Europhilie de la part des Américains, attirés par le cosmopolitisme individualiste européen. Selon lui, cette doctrine religieuse est l’un des arguments convoqués dans le cadre de la lutte commerciale en cours entre les États-Unis et l'Union européenne dans l’atmosphère de la Guerre froide. En effet, cette association de l’Europe à un élément néfaste cache le conflit idéologique et politique de l’Amérique capitaliste qui assimile l’Europe à son adversaire communiste. D’ailleurs, l’image de couverture de l’ouvrage de Steve Terrell The 90’s : Decade of the Apocalypse. The European Common Market – The End has begun, que l’on peut observer sur la figure 2 illustre tout à fait cela. On aperçoit une carte de l’Europe. Au centre de celle-ci apparaît un homme monstrueux avec des cornes sur son front. Le symbolisme est ici très clair : l’union européenne est la source du mal, à savoir l’Antéchrist.

III. Millénarisme américain

Ce paragraphe a pour but de démontrer et de comprendre en quoi la société américaine offre-t-elle des conditions sociales, politiques et culturelles extrêmement propices au développement de la figure de l’Antéchrist et de l’eschatologie chrétienne et d’expliquer le succès des mouvements millénaristes américains.

Tout d’abord, des millions d’américains sont convaincus que la Bible offre des solutions pour comprendre la fin des temps[56]. Derrière le succès des mouvements millénaristes chrétiens, tels que les fondamentalistes américains, se cache une « théologie d’espérance », de l’attente et de la prédiction. Effectivement, cette théologie de l’espérance, développée par Ernst Bloch dans son œuvre principe d’espérance publié dans les années 1950 sera reprise par Jügen Moltmann en 1964[57]. Ce dernier affirme que l’engagement de Dieu est un l’élément essentiel du message chrétien, aussi bien dans le Nouveau que l’Ancien Testament. En réalité, Dieu promet un avenir aux fidèles, symbolisé par la renaissance du Christ. Ainsi les croyants développent un espoir d’aboutir, dans l’avenir, à la paix, la solidarité et la justice. À l’image de Psaume 111 : 10 : « La crainte de l'Éternel est le commencement de la sagesse ; Tous ceux qui l'observent ont une raison saine. Sa gloire subsiste à jamais.» les signes prophétiques sont précisément étudiés par les théologiens, persuadés que les événements bibliques valident les événements mondiaux historiques. Probablement que derrière cette « […] quête des signes de la fin […]»[58] se cache une société soucieuse, qui désire, pour donner corps à sa peur et pour se rassurer, une figure à craindre et à combattre.[59] Les millénarismes nourrissent donc l’espoir d’un paradis perdu retrouvé, proche de l’utopie[60]. L’utopie millénariste est perçue comme réalisable. Ainsi, le millénium est aussi une « histoire de l’avenir ». Il y a un lien entre l’avenir espéré, la recherche de la signification du passé historique et l’observation du présent.

On observe également dans la conception des fondamentalistes américains, et dans l’histoire du christianisme, une vision manichéenne. Cette vision tend à opposer les forces du bien aux forces du mal. En effet, Tim LaHaye, explique dans Beginning of the End : « It is helpful to keep in mind that there are only two kinds of people on the earth : Christians, and unbelievers »[61]. Le bien, représenté par Dieu, son disciple Jésus-Christ et ses fidèles, s’oppose au mal, représenté par Satan, son disciple l’Antéchrist et ses fidèles.

Il est également intéressant de s’attarder sur la relation entre la religion – ici les mouvements fondamentalistes américains et plus particulièrement les prémillénaristes - et la politique aux Etats-Unis. En effet : « Bien que la constitution américaine affirme la séparation entre l'Eglise et l'Etat, il y a toujours eu un lien très proche entre le protestantisme et la politique américaine »[62]. On remarque, dans la société américaine une forme de « culture binaire du « eux contre nous » »[63] donnant une place spécifique au pays aussi bien au niveau politique que théologique. En effet, le peuple nord-américain développe une idéologie patriotique accompagnée d’une conviction forte de la supériorité de leur nation, libérée des forces du mal, symbole de la liberté, de la paix, de la sécurité et de la justice. Plusieurs auteurs développeront cette idée d’une Amérique idéale :

En 1652 John Eliot, le premier missionnaire protestant des Indiens, affirmait que le royaume du Christ était maintenant « en train de se lever dans les parties occidentales du monde[64]. […] Un prédicateur assura en 1795 que les habitants des nouveaux États Unis pouvaient « se dire les uns aux autres avec des visages allègres : “Nous sommes un peuple particulièrement favorisé du ciel. [...] Les États-Unis sont maintenant la vigne du Seigneur”[65] […] Dans le credo mormon, par exemple, on lit cette affirmation : Nous croyons que Sion sera bâtie sur ce continent [l’Amérique] ; que Jésus règnera en personne sur la terre, que la terre sera renouvelée et recevra une gloire paradisiaque[66].

Nous avons vu auparavant qu’au niveau théologique, le fondamentalisme et les courants millénaristes américain sont héritiers du puritanisme anglais des XVIII et XIXème siècles. Pour les puritains anglais déjà, l’Angleterre est un état élu, désigné par Dieu pour jouer un rôle spécifique dans l’histoire du monde. Les puritains nord-américains du XIXème siècle associeront cette théologie de la nation élue, appelée aussi « destin manifeste », à leur idéologie, mais en remplaçant les Etats-Unis à l'Angleterre. Voici deux exemples de Neal Blough, citant Herman Melville en 1850 : Nous, les Américains, sommes un peuple particulier et choisi, l'Israël de notre temps. Nous portons l'arche des libertés du monde »[67] et Josiah Strong, un pasteur et congrégationaliste en 1893 : « Etre chrétien, anglo-saxon et américain dans cette génération, c'est certainement se trouver au sommet des privilèges »[68].

Dans la conception prémillénariste, les forces du bien sont chrétiennes, mais surtout chrétiennes américaines. La menace, symbolisée par l’Antéchrist, provient de l’extérieur, et cherche à s’emparer de la nation. Le fondamentalisme américain cherche à créer une frontière entre lui et les autres pays en luttant, avec ferveur, contre la mondialisation. De plus, à travers cette approche binaire, les croyants sont invités à croire qu’ils appartiennent aux forces du bien et qu’ils sortiront sauvés et victorieux du Jugement dernier. Grâce à cette valorisation, le fidèle se sent non seulement réconforté, mais également privilégié, puisqu’il lui est donné de savoir où va le monde, de comprendre les confusions existantes inscrites dans une trame écrite d’avance, mais également de s’assurer une bonne place lors de la fin ultime. Et, selon Neal Blough : « le souci principal du fondamentalisme dans les années 20 était moins le renouveau de l'Eglise que le maintien d'un ethos puritain au sein de la nation américaine chrétienne »[69].

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Les perspectives millénaristes ont constamment accompagné le christianisme. Ainsi, les premiers chrétiens songeaient déjà au retour imminent du Christ Jésus et de la fin du monde[70].

Même si l’époque contemporaine reste favorable au développement ou au renouvellement des croyances et des groupes millénaristes, n’oublions pas que les multiples discours eschatologiques chrétiens, issus d’interprétations diverses et variées du Nouveau Testament, ne sont que la continuité d’une croyance qui existait déjà avant même l’avènement du christianisme, dans la littérature hébraïque et même dans des discours antiques, puisqu’« entre 150 av. J.-C. et 800 ap. J.-C., plus de deux cents Apocalypses ont ainsi circulé dans les communautés chrétiennes et juives »[71].

Selon Daniel Marguerat, professeur à la Faculté de théologie de l’Université de Lausanne, même si la date et l’heure ne sont pas annoncées par Jésus-Christ, cette omission laisse la possibilité aux pré-millénaristes de renouveler les prédictions concernant la situation à venir et d’observer les indices afin de « […] prévenir les adeptes et leur éviter d’être surpris par l’arrivée de la catastrophe.»[72], dans un souci de bonne foi. Cela permet à ce type de mouvement, s’apparentant à la « théologie d’espérance »[73] que nous avons vu plus haut, de ne pas tomber en désuétude en maintenant des serments de régénération du monde.

En ce qui concerne l’interprétation de la figure de l’Antéchrist, pendant de nombreuses années, les institutions religieuses américaines - et autres - ont émis des hypothèses sur l’identité de l’Antéchrist, ainsi que le moment de son arrivée sur la scène internationale. En effet, les informations au sujet de la fin du monde sont sans cesse renouvelées en insérant de nouveaux éléments à chaque fois. Du pape, à Joseph Staline, de Benito Mussolini à Adolf Hitler, en passant par Mikhail Gorbatchev et à l’Union Européenne, puis à George Bush ou encore Barack Obama, il semblerait, pour les prémillénaristes, que tous les dirigeants, groupes, individus ou nations soient prétendants au rôle de l’Antéchrist. En effet, il existe même des sites internet, tels que Rapture Ready[74], créés par des fondamentalistes ou simples croyants américains ou autres. Ces derniers étudient et interprètent les textes bibliques et les faits contemporains, puis mettent à disposition du grand public des informations permettant notamment d’examiner les signes de notre temps afin d’identifier, par exemple, la figure de l’Antéchrist. Malheureusement, ces prédictions ne se sont jamais confirmées et ont dû être révisées et modifiées constamment pour répondre aux circonstances variables. De plus, comme mentionné dans le chapitre précédent, la Bible n’associe en rien la figure de l’Antéchrist à un homme politique, ou autre, en particulier. Au fond, les désignations nombreuses, applicables en réalité à n’importe quoi ou qui, ne sont qu’hypothétiques, car il est impossible de connaître la véritable identité de l’Antéchrist. Selon Sébastien Fath: « comme figure religieuse ou romanesque, l’Antéchrist peut toujours compter, aux Etats-Unis, sur une « industrie de l’Apocalypse », qui sait vendre et faire vendre en cristallisant les peurs et les espoirs de millions d’Américains »[75][76].

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Bibliographie sélective

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Ouvrages généraux

  • Boyer, Paul S., When Time Shall Be No More: Prophecy Belief in Modern American Culture. 7th print. Studies in Cultural History. Cambridge, Mass. [etc.]: Harvard Univ. Press, 2000.
  • Brown, Raymond Edward, Que sait-on du Nouveau testament, Paris, 2000.
  • Du Breuil, Paul, Le Zoroastrisme, Que sais-je ?, Paris, 1982.
  • filiu, Jean-Pierre, L’Apocalypse dans l’Islam, Paris, 2008.
  • Fuller, Robert, Naming the Antichrist : The History of An American Obsession, Oxford University Press, New York, 1995, 233p.
  • Lindermayer, Orestis. “‘Europe as Antichrist’. North American Pre-Millenarianism.” In Christian Millenarianism: From the Early Church to Waco, edited by Stephen Hunt, 39–49. London: Hurst & Co, 2001.
  • Lindermayer, Orestis. “‘The Beast of the Revelation’: American Fundamentalist Christianity and the European Union.” Etnofoor 8, no. 1 (1995): 27–46.
  • Wojcik, Daniel, “Embracing Doomsday: Faith, Fatalism, and Apocalyptic Beliefs in the Nuclear Age”, Western Folklore, Vol. 55, No. 4, Explorations in Folklore and Cultural Studies (Autumn, 1996), pp. 297-330.
  • Grappe, Christian, Initiation au monde du Nouveau testament, Genève, 2010.
  • Gervais, Pierre, Les Etats-Unis de 1860 à nos jours, Paris, 2005.
  • Desbiens, Albert, Histoire des Etats-Unis. Des origines à nous jours, Paris, 2012.

Articles

  • Allmen, Daniel von, « L’apocalyptique juive et le retard de la parousie en II Pierre 3 : 1 – 13 », in Revue de Théologie et de philosophie, 16, 1966.
  • Barkun, Michael, « The Reign of Antichrist », in : A Culture of Conspiracy: Apocalyptic Visions in Contemporary America, University of California Press, 2006 (2003), p. 40 – 45, [http://books.google.ch/books?id=0wFZRWKdfoC&pg=PA43&lpg=PA43&dq=mussolini+antichrist&source=bl&ots=7i5lkdAjeD&sig=uy3PMP6V8hn3XntiAvlSQb5yqcg&hl=fr&sa=X&ei=qyp_U7OiE9OY0AX5poHYDA&ved=0CE0Q6AEwBA#v=onepage&q&f=false] (consulté le 22 mai 2014).
  • Blough, Neil, « Evangélisme et fondamentalisme au cours du XXème siècle aux Etats-Unis », in Évangélisme et fondamentalisme, Fac – réfexion, n° 24, 1993, France, pp. 4-15.
  • D’Agostino, Peter, Rome in America: Transnational Catholic Ideology from the Risorgimento to Facism, The University of North Carolina Press, 2003, 384 p. [http://books.google.ch/books?id=U9wNxgCo7ycC&printsec=frontcover&hl=fr#v=onepage&q&f=false] (consulté le 22 mai 2014).
  • Delumeau, Jean, « Une traversée du millénarisme occidental », in : Religiologiques, 20, 1999, p. 165 – 179, [http://www.religiologiques.uqam.ca/20/Religiologiques20PDF/20(165-179)Delumeau.pdf] (consulté le 22 mai 2014).
  • Dubar, Claude, « La fin des temps : millénarisme chrétien et temporalités », Temporalités 12, 2010, [http://temporalites.revues.org/1422] (consulté le 22 mai 2014).
  • Fath, Sébastien, « L’Antéchrist chez les évangéliques et fondamentalistes américains de 1970 à 2007 », in : Table ronde sur l’Antéchrist, Société des amis des sciences religieuses, Ecole Pratique des Hautes Etudes, Sorbonne, 2007.
  • Mayer, Jean-François, « Et je vis un nouveau ciel et une nouvelle terre »: mouvements et espérances millénaristes, Cycle d’Observatoire de la modernité, collège des Bernadins, Paris, 2011, [http://orbis.info/2011/02/et-je-vis-un-nouveau-ciel-et-une-nouvelle-terre-mouvements-et-esperances-millenaristes/#more-242] (consulté le 26 mai 2014).
  • Prévost, Jean-Pierre, « Vers une résurgence des millénarismes ? Les mouvements apocalyptiques contemporains », in : Religiologiques, 20, 1999, p 153 – 164, [http://www.religiologiques.uqam.ca/20/Religiologiques20PDF/20(153-164)Prevost.pdf] (consulté le 22 mai 2014).
  • Rochat, Jocelyn, « Voilà bientôt 2001 ans qu’on nous annonce l’Apocalypse pour demain…Et qu’elle n’arrive pas », in : Aller savoir !, 18, Lausanne, 2000, [http://www2.unil.ch/unicom/allez_savoir/as18/pdf/mythe.pdf] (consulté le 22 mai 2014).
  • Segond, Louis, La Bible, dans : Topchrétien, Strasbourg, 1999, [http://www.topchretien.com/topbible/] (consulté le 22 mai 2014).

Site internet

[1] Apocalypse 1 :1, 1 :19, 1 :3, op. cit.

[2] Apocalypse, 11 :8 « Et leurs cadavres seront sur la place de la grande ville, qui est appelée, dans un sens spirituel, Sodome et Égypte, là même où leur Seigneur a été crucifié. » Traduction de la TOB.

[3] Grappe (2010), p. 265.

[4] Apocalypse 1 :1 ; 1 :4 ; 1 :9 et 22 :8

[5] Apocalypse 1 :9.

[6] Prévost (1999), p. 157.

[7] Grappe (2010), p. 273.

[8] Grappe (2010), p. 273 et Brown (2000), p. 831.

[9] Dubar (2010), p. 4. et Von Allmen (1966), p. 261 – 262.

[10] Dubar (2010), p. 2.

[11] Rochat (2000), p. 4.

[12] Von Allmen (1966), p. 265. et Prevost (1999), p. 157

[13] Ibid., p.

[14] Du Breuil (1982), p. 77 – 78.

[15] 1 Jean 2:18 ; 2:22 ; 4 :3 et 2 Jean 1:7, trad. Segond (1999).

[16] 1 Jean 2:18, op. cit.

[17] 1 Jean 2:22, op. cit.

[18] 1 Jean 4:3, op. cit.

[19] 1 Jean 2:18, op. cit.

[20] Matthieu 24:4 – 5, trad. Segond (1999).

[21] Daniel 8:23 – 25, op. cit.

[22] Apocalypse 13:14, op. cit.

[23] 2 Thessaloniciens 2:9, op. cit.

[24] Apocalypse 13:18, op. cit.

[25] Daniel 8:23, op. cit.

[26] Daniel 9:26, op. cit.

[27] 2 Thessaloniciens 2:3, op. cit.

[28] Apocalypse 13:1, op. cit.

[29] filiu (2008), p. 33 - 40

[30] 1 Jean 18, op. cit.

[31] Prévost (1999), p. 161.

[32] Apocalypse 3 :3, trad. Segond (1999).

[33] Matthieu 24:36, op. cit.

[34] Boyer (2000), p. 298.

[35] Ibid., p.301.

[36] blough (1993), p. 7. et Gervais (2005), p. 150 – 151.

[37] Ibid., p. 7.

[38] Prévost (1999), p. 153 – 164.

[39] Lindsey, Hal, Carlson, Carole C., The Late Great Planet Earth, Grand Rapids, Michigan, Zondervan, 1970, 180 p.

[40] Cf. : Fig. 7

[41] Cf. : Fig. 8 et 9

[42] Apocalypse 2 : 22. Voir aussi 7 :14

[43] Fath (2007), p. 6.

[44] R.Rice, John, World-wide war and the Bible, Sword of the Lord, 1940.

[45] Ibid., p. 212.

[46] Cf. : Fig. 5

[47] D’Agostino (2003), p. 211.

[48] Gervais (2005), p. 95

[49] Apocalypse 23, trad. Segond (1999).

[50] Lindermayer (2001), chapitre II.

[51] Lindsey, Hal, There’s a New world coming : An In-depth Analysis of the Book of Revelation Eugene : Harvest House, 1984.

[52] Lindermayer (2001), p. 41, cité d’après, Lindsey (1984), p. 83.

[53] Lindermayer (1995), p. 34 – 40. et Lindermayer (2001) p. 41 – 45.

[54] Apocalypse 13:17, op. cit.

[55] Lindermayer (2001), p. 1 – 5.

[56] Boyer (2000), p. 293.

[57] Rochat (2000), p. 7. Pour plus d’informations, voir Moltmann, Jürgen, La théologie d’espérance, Etudes sur les fondements et les conséquences d'une eschatologie chrétienne, 1983 (1964).

[58] Fath (2007), p. 2.

[60] Boyer (2000) p. 218.

[61] Ibid., p. 315.

[62] Blough (1993), p. 7.

[63] Fath (2007), p. 9.

[64] Delumeau (1999), p. 9.

[65] Ibid., (1999), p. 10.

[66] Ibid., (1999), p. 13.

[67] Anderson (1988), p. 98, cité d’après Blough (1993), p. 7.

[68] Idem.

[69] Blough (1993), p. 8.

[70] dubar (2010), p. 4.

[71] Rochat (2000), p. 7.

[72] Ibid., p. 7.

[74] Cf. : Fig. 1.

[75] Fath (2007), p. 16.

[76] Annexe : image 4

Site internet « Rapture ready ». Plusieurs articles concernent l’identification de l’Antéchrist ou l’interprétation des signes de la fin des temps

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TERRELL, Steve, The 90’s : Decade of the Apocalypse. The European Common Market – The End has begun, 1992.

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Film « Armageddon » (1998). Adaptation cinématographique et moderne de la fin des temps.

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MULLER, Albert, L’Antichrist est-il parmi nous ?, Marseille, 1994.

MULLER, Albert, L’Antichrist est-il parmi nous ?, Marseille, 1994.

Un des nombreux ouvrages publiés au sujet du dictateur italien, Benito Mussolini. OSWALD, J. Smith, Is The Antichrist at Hand ? What of Mussolini, 1927.

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Questionnements au sujet de l’identité de l’Antéchrist. FAID, Robert W., Gorbatchev ! Has the real Antichrist come ?, 1988.

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Œuvre à succès de Lindsey Hal dans les années 70 – 80. LINDSEY, Hal, CARLSON, C.C., The Late Great Planet Earth, 1970.

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Livre de LAHAYE, Tim, Left Behind, Michigan, 1995

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Affiche de son adaptation télévisée.

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