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ArteHistoire

Le camp de concentration d’Auschwitz et la déportation hongroise de 1944.

28 Septembre 2014 , Rédigé par Tania Falone Publié dans #Histoire

Le camp de concentration d’Auschwitz et la déportation hongroise de 1944.

Dès son accession à la Chancellerie allemande en 1933, Adolf Hitler établit sa politique autour du « danger » juif pour la « race aryenne » qui s’accompagne de lois antisémites. L’objectif d’Hitler est de « purifier» la race allemande en écartant les Juifs du Reich pour permettre « l’aryanisation ». Ainsi, dès 1938, des expulsions hors du territoire sont organisées et elles sont suivies de la concentration des Juifs dans des camps de concentration externes à l’Allemagne ou dans des ghettos, solutions qui seront jugées insuffisantes par le Führer. Décidée lors de la Conférence de Wansee, durant l’automne 1941, l’extermination finale des Juifs, appelée « Solution finale », fait naître un procédé d’extermination massive des Juifs d’Europe avec l’aide de camps d’extermination comme Auschwitz. L’Europe entière est concernée par cette décision, notamment les pays d’Europe de l’Est qui connaissent un fort enracinement de la communauté juive. Tour à tour, ces pays voient leur population juive se faire enfermer dans des ghettos, puis déporter, massivement, vers les camps d’extermination. Durant l’été 1944, les Juifs hongrois sont conduits vers Auschwitz, principal camp d’extermination de l’Europe à partir de 1942. Cette déportation impressionnante par son ampleur a laissé une trace photographique unique. En effet, lors de l’arrivée des prisonniers, des photos sont prises par les SS, rassemblées dans un album puis retrouvées par une survivante juive lors de la libération des camps, à la fin de la Seconde Guerre Mondiale. A travers ce dossier, nous chercherons à comprendre selon quel processus le camp d’Auschwitz devient le lieu d’extermination principal des Juifs d’Europe. Ensuite, nous nous focaliserons sur les conditions et le contexte de la déportation hongroise de 1944 ainsi que sur l’album retrouvé par une survivante, source photographique de la déportation hongroise dont nous ferons un historique ainsi qu’une analyse, qui nous permettra, notamment, de concevoir visuellement l’événement connu à travers de nombreux témoignages, et qui nous pousse à nous interroger sur l’utilisation de la photo dans le camp ainsi que sur l’importance de ces clichés.

Auschwitz :

Arbeit macht Frei, « le travail rend libre », voici le « slogan » que l’on peut lire sur les entrées de certains camps de concentration, dont l’un des plus célèbres, le camp d’Auschwitz, nom qui est directement associé à l’Holocauste. En effet, il est connu pour son rôle prépondérant dans le massacre des Juifs européens qui ont fini dans ses chambres à gaz. Il est surnommé le « centre de mise à mort » .

Un bref historique du camp:

A l’origine, Auschwitz n’est pas un camp de concentration mais une ville frontière, nommée Oświęcim, qui se situe dans la région de la Haute Silésie, au sud-ouest de la Pologne. Cette région est annexée par les troupes allemandes en septembre 1939, puis est rebaptisée en allemand « Auschwitz ». Dès que la Silésie est prise, la police nazie entreprend la construction des camps de concentration afin de vider les prisons surpeuplées de Pologne. La construction du complexe d’Auschwitz se fait dans un lieu isolé, loin des regards indiscrets. La seule liaison possible avec le monde externe est celle des voix des chemins de fer qui permettent l’acheminement des convois de prisonniers qui arrivent d’Europe entière.

Le camp de concentration :

Le camp de concentration d’Auschwitz est construit, à partir de veilles casernes polonaises le 27 avril 1940, sous l’ordre de Heinrich Himmler, chef de la police d’Hitler et l’un des organisateurs de la « Solution Finale ». Le camp accueille ses 728 premiers prisonniers le 14 juin 1940. Ces derniers sont majoritairement des prisonniers politiques polonais, des étudiants et des militaires, considérés comme « une menace immédiate » pour la politique du Reich. L’on remarque ainsi que les premiers prisonniers de ce camp, connu principalement pour avoir joué un rôle primordial dans l’extermination massive des Juifs d’Europe, sont des opposants politiques et non des Juifs. Ce phénomène s’explique par le fait qu’au départ, le régime nazi a fait un « nettoyage » interne du Reich, en éliminant principalement les « dangers » politiques comme des communistes et des sociaux-démocrates. Les Juifs n’étaient pas encore la cible principale du régime à l’ouverture du camp. Autre élément important, Auschwitz, à ses débuts, est un camp de concentration et non d’extermination. Cette distinction est importante car la fonction entre ces deux catégories n’est pas identique. En effet, les camps de concentration ne sont pas une invention du totalitarisme et existent depuis la fin du XIXème siècle. Le but principal de ces camps de concentration, appelés Konzentrationslagern (KL) par les allemands, est de « retirer, d’éliminer du corps social toute personne considérée comme politiquement ou « racialement » suspecte » pouvant s’opposer au régime nazi. Le second objectif de ces camps d’internement est le redressement par le travail forcé, ce qui explique le « Arbeit macht frei » présent à l’entrée de quelques camps de concentration nazis. Dans un premier temps, Auschwitz sert uniquement à l’isolement et au redressement par le travail forcé des « indésirables » politiques du Reich. Auschwitz est donc loin d’être le camp de la terreur qu’il deviendra à partir de 1942. Le camp d’Auschwitz peut accueillir environ 10 000 personnes. En mars 1941, Himmler décide de l’agrandir pour augmenter sa capacité de détention et décide d’y aménager Birkenau, le centre d’extermination d’Auschwitz.

Le camp d’extermination

L’année 1942 est l’année la plus meurtrière en ce qui concerne la « Solution Finale ». Au début de cette année, le seul camp d’extermination en fonction est Chelmno, Auschwitz n’a aucun rôle prépondérant dans la destruction des Juifs. Cependant, dans le courant de cette même année, Auschwitz entame sa transformation pour devenir un camp majeur dans le processus d’extermination des Juifs d’Europe, le début de la « Solution Finale » commence dans le camp. Le 17 Juillet 1942, Himmler fait une visite du camp afin de voir l’avancée des travaux de Birkenau, débutés en 1941. L’agrandissement du camp, qui se fait par les détenus, permet la construction d’un nouveau crématorium ainsi que l’aménagement de chambres à gaz destinées aux communautés juives de l’Europe, devenant ainsi un Sonderkommando (SK), un camp d’extermination. Durant l’été 1942, Auschwitz reçoit des convois massifs de Juifs provenant de l’Europe entière (Slovaquie, de France, de Belgique et de Pays-Bas). Dès le printemps 1943, un ensemble de quatre fours crématoire et de chambre à gaz deviennent fonctionnelles à Auschwitz-Birkenau. Dès l’été 1943, Auschwitz a la capacité de tuer environ 150 000 personnes par mois avec ses nouvelles installations meurtrières permettant ainsi des massacres à l’échelle quasi-industrielle. Durant cette année clé, le camp d’Auschwitz devient un centre majeur pour le régime nazi. En effet, après la construction de Birkenau, celui-ci devient un camp mixte. Il peut ainsi concilier travail forcé et extermination massive des Juifs, permettant ainsi l’extermination des « invalides » et parallèlement l’utilisation d’une main d’œuvre gratuite et nombreuse pour l’économie du Reich. Le travail forcé est également un outil d’assassinat. Les détenus sont employés dans différents travaux lourds et fatigants afin de les affaiblir physiquement et psychologiquement jusqu’au stade de la mort. La main d’œuvre est abondante et personne n’est irremplaçable, cela explique pourquoi les SS tuent des détenus pour des motifs d’évasions ou les exploitent jusqu’à leur dernière force. Ce travail forcé est donc une manière différente d’exterminer les communautés. En été 1944, Auschwitz connu la déportation la plus massive de son histoire, celle de Juifs Hongrois. Entre le 15 Mai et le 6 Juillet 1944, environ 438 000 Juifs sont déportés de la Hongrie en direction d’Auschwitz. Une grande majorité des déportés sont gazés dès leur arrivée. L’extermination des Hongrois excéda la capacité des crématoriums obligeant la construction de cinq fosses d’incinération à ciel ouvert. Cette déportation fut d’une ampleur impressionnante et démontre ainsi l’ensemble des massacres pratiqués à Auschwitz dès l’année 1942.

Déportation hongroise de 1944 :

Depuis 1942, toutes les communautés juives de chaque pays d’Europe sont prises dans le fléau de la « Solution Finale » allemande. Cependant, une population juive arrive à retarder le moment de la déportation jusqu’en printemps 1944. Ainsi, la Hongrie connait la déportation la plus tardive et la plus rapide durant cette fin de Seconde Guerre Mondiale. Espérant ainsi une expansion territoriale au Nord, à l’Est et au Sud de ses frontières, la Hongrie s’allie à l’Allemagne en signant le pacte Tripartite. Certes, cette association permet à la Hongrie de conquérir certains territoires mais, en contrepartie, elle a certaines obligations à respecter. Ainsi, elle doit fournir à l’Allemagne des troupes, notamment pour l’attaque, en 1941, contre la Yougoslavie et en 1943 contre l’Armée Rouge. De plus, les Allemands insistent pour que la Hongrie impose les lois de Nuremberg qui obligent notamment le port de l’étoile des Juifs et leur rejet de la société. Jusqu’en 1943, l’Allemagne est trop occupée sur les fronts de l’Est et de l’Ouest pour vraiment s’inquiéter de la politique hongroise, politique fortement instable. En effet, depuis la signature du pacte Tripartite en octobre 1940, il y a un fort contraste entre les différents ministres qui se trouvent au pouvoir. Il y a une scission entre les pros et les antinazis, scission qui influe directement sur le sort des Juifs hongrois. Aucun pays d’Europe n’a connu autant de flux et reflux politique durant la guerre. En 1944, Hitler s’intéresse à son allié et lui impose une déportation de ses Juifs vers les différents camps de concentration de l’Est, au risque d’une invasion allemande sur le territoire hongrois. Ainsi, les Juifs hongrois, qui représentent environ 5% de la population , entre 1938 et 1941 sont obligés d’appliquer les lois de Nuremberg qui impose le port de l’étoile jaune, la mise à l’écart des communauté juives hors de la société obligeant leur enfermement dans des ghettos. De plus, l’accès à certaines professions, notamment dans les domaines commerciaux, leurs sont interdits. Ces interdictions et ce rejet ne se fait pas sans conséquence pour le pays. En effet, les Juifs hongrois, représentent une majorité de la bourgeoisie de la Hongrie, pilier de toutes les activités commerciales s’assurant de la bonne marche de la vie économique. Ainsi, lorsque les Juifs sont évincés des professions économiques pour être destinés au travail forcé, le gouvernement hongrois doit remplacer les fonctionnaires juifs par d’autres fonctionnaires, démarche longue qui déstabilise le pays économiquement et qui a un effet désastreux dans le domaine industriel. Malgré l’application des exigences allemandes, la Hongrie est envahie par l’armée du Reich le 19 mars 1944. Dès son arrivée, Eichmann, organisateur de la « Solution Finale », prend en main la déportation des Juifs hongrois. La concentration de la communauté juive c’est fait par région. Ainsi, le pays est divisé en 5 zones, sans compter la ville de Budapest. Les rafles sont organisées par la Gestapo qui travaille en collaboration étroite avec la police et la gendarmerie hongroise. Chaque rafle est suivit d’une déportation immédiate et cela dès le 27 et 28 avril. Une majorité de ces déportations aboutissent à Auschwitz, centre de mise à mort qui tourne à plein régime durant cette période. A Auschwitz, à l’occasion des déportations hongroises les SS doivent construire, une rampe de gare à l’intérieur même du camp qui permet ainsi une réception directe des prisonniers hongrois. La rampe se situe entre Auschwitz I, camp de travail forcé et Birkenau, centre de mort. Cette structure est mise en place afin de permettre un acheminement plus rapide des Juifs vers le camp de travail ou vers les chambres à gaz. Dès leur arrivée, les déportés sont « triés » par des médecins du camp de concentration. Dans un premier temps, les médecins séparent les hommes et les femmes. Ensuite, à l’intérieur de cette première sélection, déterminant ainsi quels hommes et quelles femmes sont aptes au travail, déterminant ainsi le sort des prisonniers, les aptes au travail survivent et les inaptes, les personnes âgées, les handicapés, les enfants, les femmes enceintes, sont gazés. Cette déportation hongroise est l’une des plus meurtrières de la « Solution Finale ». Ainsi, entre le 15 Mai et le 6 Juillet 1944, environ 438 000 Juifs sont déportés de la Hongrie vers Auschwitz, dont une grande majorité finit dans les chambres à gaz. Cette déportation est importante par le nombre de victimes qu’elle engendre mais également parce que cet événement a été immortalisé dans un album retrouvé par une jeune déportée hongroise à la fin de la guerre, album qui témoigne de l’atrocité et des procédés des nazis.

L’Album de Lili Meier, illustration de la déportation hongroise.

La déportation hongroise est notamment connue par la masse de personnes qui ont été conduites à Auschwitz, par la rapidité et la date tardive de sa mise en application, mais c’est surtout grâce à un album photographique que cette déportation est connue du public. Document unique d’environ 200 photos et d’une importance certaine, l’album dit « album de Lili Meier » est l’un des seuls témoignages photographique concernant la déportation que nous ayons dans sa quasi-totalité permettant ainsi un véritable souvenir photographique de l’arrivée des convois Juifs à Auschwitz. Il est retrouvé le 11 avril 1945 par une fille nommé Lili Jacob dans un camp de concentration en Silésie. Tout commence dans la soirée du 24 mai 1944, à Berehovo, dans les Carpates. Un convoi d’environ 4000 Juifs quitte la Hongrois et se dirige vers Auschwitz. Parmi les prisonniers, se trouve une jeune fille de 18 ans, Lili Jacob, jeune fille ainée de 6 enfants. Après plusieurs jours, le convoi arrive sur la Judenrampe, rampe de la gare que se situe entre le camp de travail et Birkenau. Les détenus sont triés, les hommes et les femmes sont séparés. Puis, dans chacune de ces deux catégories les médecins distinguent ceux qui sont capables de travailler de ceux qui ne le peuvent pas les envoyant ainsi directement dans les chambres à gaz. C’est durant cette dernière phase que Lili est séparée du reste de sa famille et voit ainsi sa mère et ses petits frères partir pour les chambres à gaz. En voilant les rejoindre dans l’autre file, Lili se prend un coup de couteau, acte violant non photographié. En octobre 1944, l’armée soviétique se rapproche d’Auschwitz, les détenus sont alors déportés vers un camp se situant à huit cent kilomètres de là, dans le camp de concentration de Dora et les infrastructures de Birkenau sont détruites pour ne laisser aucune trace. Ainsi, Lili Jacob se voit déplacée d’un camp à un autre. Le centre de Dora est libéré par les américains le 11 avril 1945, la jeune fille est alors atteinte du typhus et se retrouve transporté par un soldat dans une ancienne cabane SS, en cherchant de quoi se couvrir dans l’armoire, Lili découvre l’album qui provenait d’Auschwitz et dans lequel elle retrouve des visages familiers. Ce document, Lili Jacob le garde précieusement. Après la guerre, elle en fait quelques copies pour les musées permettant ainsi la mise en circulation des clichés aujourd’hui si célèbrent. Cette découverte est inattendue lorsqu’on connaît les règlements concernant la photographie dans le camp de concentration d’Auschwitz. En effet, il faut que les activités du camp et le sort des Juifs restent secrets pour le monde extérieur. Dans cette optique, il est donc interdit de prendre des photos des prisonniers ou des structures d’extermination comme les chambres à gaz ou les crématoires, images qui pourraient servir de preuves des différentes atrocités nazies. Cependant, dans certains cas particuliers, comme la prise de photo d’identification ou dans la situation de la déportation hongroise, une autorisation est donnée pour la prise de certains clichés, mais aucune marque de violence ou d’extermination ne doit apparaitre en image. Ainsi, afin de bien surveiller les photographies, un premier studio photo est aménagé à Auschwitz I, camp de travail et de concentration. Entre 1941 et 1942, un second studio est en fonction et est destiné principalement aux photographies de construction faites à l’intérieur du camp lors des différents travaux. Les clichés sont traités par des soldats SS ainsi que par huit détenus qui doivent rester dans le secret et ne rien dévoiler au risque d’être puni de mort. Avec de telles réglementations, on se demande comment les photos qui figurent dans l’album ont pu être prises. Peut-être le photographe a eu une autorisation spéciale, le débat reste ouvert. L’album retrouvé par la jeune Lili Jacob contient environ 200 photos et ses dimensions sont ordinaires, 33 centimètres de long, 25 centimètre de large et 56 pages . Les photographies sont aménagées de façon à ce qu’elles racontent étapes par étapes la déportation hongroise. C’est pour cette raison que l’album est découpé en segments. Les premières photos sont celles prises dans le cadre de la photographie des Juifs. En effet, les SS ne prennent aucune photo de Juifs sauf si ces derniers ont des tenues ou un aspect physique particulier ce que démontre les premiers clichés de l’album . Les photos suivantes illustrent l’arrivée des convois avec les prisonniers qui marchent en masse sur la Judenrampe. Ensuite, plusieurs clichés illustrent la seconde étape, la séparation entre les hommes et les femmes et le triage entre ceux qui sont capables de travailler et ceux qui ne le peuvent pas. Dans le segment suivant, le photographe entre dans le camp pour suivre, dans un premier temps, les hommes qui sont capables de travailler et dans un second temps, ceux qui sont condamnés aux chambres à gaz. Le photographe fait de même pour les femmes. L’album de Lili Meier est un document unique en soi. Découvert dans des circonstances et par une personne particulière, il permet ainsi la mise en circulation de photos peu communes permettant ainsi au public de comprendre et de mieux se représenter le phénomène des déportations durant la Seconde Guerre Mondiale. Cet album est l’un des seuls témoignages que nous avons sur ces événements qui ont bouleversé la vie de millions de Juifs et c’est notamment pour cette raison qu’il est particulièrement précieux.

Conclusion :

Le camp de concentration d’Auschwitz est le camp le plus connu principalement pour les millions de Juifs qui y sont morts. Au départ, lors de sa construction en 1940, Auschwitz est un simple camp concentrationnaire destiné aux prisonniers politique du Reich. Il faut attendre 1942 pour que le centre de mise à mort de Birkenau soit construit dans le camp permettant ainsi à Auschwitz de devenir un centre mixte. A partir de cette date, une grande majorité des Juifs d’Europe sont acheminés vers Auschwitz pour y travailler ou pour y être gazé. Ainsi, le camp d’Auschwitz extermine des millions de Juifs en quelques années seulement devenant ainsi le « centre de l’horreur nazi ». La dernière déportation est l’une des plus massives que le camp est connue. Elle provient de la Hongrie, alliée de l’Allemagne. Longtemps indépendante, la Hongrie a tardivement appliqué les lois de Nuremberg qui étaient alors en action dans les autres pays dominés par le Reich. Ainsi, ce n’est qu’en 1944 que la déportation des Juifs de Hongrie commence après une invasion des troupes allemandes. Cette déportation est rapide et brève et ne laisse presque aucun survivant. Lili Meier est l’une de ces miraculés. Elle a été déportée avec toute sa famille au mois de Mai 1944 et en est la seule survivante. Avec l’arrivée des armées soviétiques, la jeune juive est transportée au camp de concentration de Dora. Lors de la libération par les américains le 11 avril 1945, elle découvre dans une bâtisse de SS un objet particulier qui deviendra un document d’une grande valeur après la guerre. L’album photo, provenant d’Auschwitz, démontre en image les différentes étapes de la déportation qu’a subie Lili Meier. Copiées, les précieuses et rares photographies deviennent accessible au publique permettant à ce dernier de percevoir une des étapes les plus importantes qui compose le long parcours de l’extermination ainsi que certains visages représentant les victimes de la « Solution Finale ».

Bibliographie :

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KOTEK, Joël, « Camps et centres d’extermination au XXe siècle : essaie de classification », Les Cahiers de la Shoah, 2003/1 no 7, p.45-85. : Panstwowe Muzeum Oswiecim-Brzezinka, Auschwitz. A History in Photographs, Bloomington, Indiana University Press, ksiazka i Wiedza, 1993.

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